Réforme universitaire après réforme universitaire,
Luttons pour nos intérêts de futurs travailleurs !
NON A LA REFORME LICENCE !
« L’arrêté licence » qui définit l’organisation de celle-ci est rouvert cette
année, ce qui entraînera un inévitable lot de réformes contraires à nos intérêts de futurs travailleurs.
Le chômage, c’est le capitalisme !
Nous, jeunes de classe populaire, jeunes bacheliers, nous allons à la fac avec l’inquiétude de ne pas avoir d’emploi à la suite
de nos études. Si nous allons à la fac, c’est parce que les portes des grandes écoles nous sont fermées par le biais des concours et celles des écoles privées par leur prix.
Nous nous accrochons pour réussir, malgré la misère, malgré que tout soit fait pour que nous échouions à l’université. Mais nous
savons qu’un diplôme de licence ne nous protégera pas ni de la précarité ni ne nous permettra d’accéder à un travail à la mesure des efforts fournis pour réussir.
Les gouvernements successifs nous font du chantage au chômage. L’université produirait des chômeurs, selon eux, et devrait être
réformée pour correspondre aux besoins du patronat. Ce n’est pas l’université qui produit du chômage. L’université n’est pas là pour produire des travailleurs, mais pour enseigner les sciences et
les faire avancer à travers la recherche. En outre, c’est le système capitaliste qui est incapable de permettre le plein emploi. Lors des crises qu’il subit, il n’a plus besoin d’autant de
travailleurs et jette des millions d’entre nous dans la misère.
Ce n’est donc pas en réformant l’université que nous sortirons de la précarité et du risque de chômage. Nous n’avons aucun
intérêt à accepter la réforme que le gouvernement veut imposer.
D’autant plus que la réforme en discussion risque d’augmenter encore le chômage !
Les patrons élus dans les instances universitaires pourront préparer les maquettes des diplômes avec les facultés, ce qui leur
permet d’avoir exactement les diplômes qu’ils veulent, hors de tout intérêt scientifique. La professionnalisation en licence a pour effet de produire des travailleurs qui sont des outils
spécialisés, qui n’ont pas de possibilité d’adaptation en cas de changement des besoins des patrons, ce qui nous met dans une dépendance totale à l’égard des capitalistes.
Le gouvernement veut nous obliger à faire des stages obligatoires pour valider notre première année. Les entreprises préféreront
piocher dans la masse de jeunes de licence qu’ils ne paient rien du tout ou très peu plutôt que d’embaucher des salariés. Les travailleurs des bassins où il y a beaucoup d’étudiants risquent
d’avoir encore plus de mal à trouver un emploi.
Et que dire de notre situation de stagiaire ? Nous ne sommes payés qu’au-delà de deux mois et demi et encore, nous sommes
payés une peccadille… sauf si nous bossons pour l’Etat qui s’octroie le droit de ne pas payer du tout notre stage ! Nous occupons pourtant un vrai travail. Quel cadeau au patronat que ces
travailleurs surexploitables à merci !
Halte à la sélection sociale !
Réussir à l’université n’est pas lié à son mérite, mais avant tout à son origine sociale. Nous sommes très peu, enfants de
classe populaire, à réussir notre licence et encore moins à réussir notre master. Notre moins grande proximité avec la culture bourgeoise, le fait que nous devions travailler, que nous ayons des
problèmes pour nous loger, tout cela contribue à nous faire échouer. Et les gouvernements successifs n’ont de cesse que d’essayer de rigidifier la sélection sociale qui s’opère à
l’université.
Le but de la réforme est de professionnaliser la licence de façon à ce que nous quittions la fac dès la fin de celle-ci et que
nous ne tentions même pas de passer en master. La fac deviendrait un BTS en trois ans. Exit l’enseignement scientifique, sauf pour la minorité qui accédera au parcours « renforcé ». En
effet, trois types de parcours de licence sont prévus : un parcours renforcé, pour les enfants de la bourgeoisie qui continueront en master, un parcours normal et un parcours de soutien,
parcours light uniquement tourné vers le professionnel.
Nous mettre en concurrence, voilà l’effet de cette réforme. Et dans la concurrence, tout le monde ne part pas d’un pied
d’égalité !
Et tous ces changements n’aboutiront à rien si ce n’est à nous soumettre encore plus au bon vouloir du patronat ! Ce qui
nous attend, ce sont les mêmes petits boulots, la même galère !
L’Etat sert définitivement les intérêts des capitalistes. Nous n’avons rien à
attendre de positif des réformes du gouvernement. Nous devons nous opposer à cette réforme qui va à l’encontre de nos intérêts de futurs travailleurs.
Cette réforme prend place dans un plan plus vaste, un plan d’austérité
face à la crise du capitalisme. Au sein de la France, nous n’en sentons pas encore tous les effets, contrairement à la jeunesse grecque, la jeunesse
de l’état espagnol. Nous devons nous préparer à être attaqués sur tous les fronts !
Tant que durera le capitalisme, il continuera à s’enfoncer dans la crise et à nous
enfoncer avec lui dans la misère. La solution que nous avons, c’est de rompre avec le système capitaliste, d’abattre l’Etat qui lui permet de fonctionner et de se maintenir par la
révolution !
Mercredi 15 juin 2011
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